La peur culmine quand l'indice culmine ; c'est exactement la semaine que nous vivons. Tom Lee, directeur de la recherche chez Fundstrat, a déclaré sur CNBC viser un S&P 500 en hausse de 9 % d'ici fin 2026, vers 8 200-8 400, tout en prévenant d'une bosse entre la mi-octobre et les élections de mi-mandat. L'animateur de la chaîne défend le pari inverse : rally jusqu'au vote, turbulence après. J'ai confronté le contexte de cette fourchette à l'analyse de Lee relayée par GuruFocus ; les chiffres et l'hypothèse sur la Fed concordent parfaitement.
Le premier pilier de l'optimisme de Lee, c'est le rapport sur l' emploi non agricole de septembre. L'économie n'a créé que 29 000 postes contre 84 000 attendus, et le taux de chômage est passé de 4,1 % à 4,2 %. Août a été révisé à 133 000, juillet est passé à moins 10 000, soit une révision cumulée de moins 60 000. En face, l'enquête ménages gagne 406 000 emplois, la population active 485 000 personnes, le taux de participation monte à 61,8 %, et les salaires ralentissent à leur plus bas rythme depuis mai 2021. Le marché l'a lu comme une bonne nouvelle : la probabilité d'un statu quo de la Fed les 27-28 octobre a bondi à 82,8 %. L'économiste Thomas Simons, chez Jefferies, tranche : le dernier clou du cercueil d'une hausse en octobre. J'ai vérifié ce tableau avec la couverture de CNBC sur l'emploi de septembre ; l'écart aux attentes et les détails de participation correspondent point par point.
Les profits explosent pendant que l'indice piétine
Le deuxième pilier, c'est l'hypothèse d'une inflation qui s'assagit. Les données de septembre arrivent dans deux semaines et, les effets ponctuels s'estompant, Lee attend des lectures plus calmes sur six mois ; si le pétrole reste contenu, la pression salariale restera limitée elle aussi. Sur le papier c'est séduisant, mais le 10 ans a encore pris 5 points de base ce jour-là, à 5,332 % , un plus haut d'un an. Lee fait d'un retour sous les 5 % , contre 4,75 % avant Jackson Hole, le déclencheur décisif de l'appétit pour le risque. L'animateur souligne que rien dans les fondamentaux du dernier mois ne justifie l'envolée ; malgré un emploi faible et un PCE correct, les taux montent toujours, ce qui ressemble à une purge technique dont la résolution pourrait déclencher un large rebond.
Le troisième pilier, ce sont les résultats, et les chiffres sont vraiment solides. L'aperçu du 2 octobre de FactSet table sur une croissance du bénéfice par action de 29,5 % au troisième trimestre, contre 26,7 % en début de trimestre. Si cela se confirme, ce sera un troisième trimestre d'affilée au-delà de 25 % et un huitième d'affilée à deux chiffres. Les analystes ont relevé leurs estimations de 1,4 % pendant le trimestre ; en temps normal ils les rabotent de 2,2 %. Sur 116 sociétés guidant le marché, 72 se montrent positives, soit 62 % contre 40 % de moyenne sur cinq ans. Les revenus sont attendus à +12,3 %, le quatrième trimestre à +27,6 %, l'année pleine à +32,4 %. Le plus frappant, le PER prospectif tombe à 19,0 contre 19,8 de moyenne ; l'indice n'a pas monté avec les profits, le multiple s'est dégonflé. J'ai comparé ce jeu de projections au tableau de révisions de FactSet ; la révision haussière inhabituelle et la ventilation sectorielle se confirment exactement.
Côté leadership, tous les regards étaient sur le géant de la mémoire. Micron a publié un chiffre d'affaires record de 54,23 milliards de dollars au quatrième trimestre fiscal clos le 3 septembre, contre 41,46 milliards le trimestre précédent et 11,32 milliards un an plus tôt. Le résultat net GAAP atteint 37,7 milliards, soit 32,87 dollars par action, et les revenus annuels s'envolent à 133,19 milliards. Le directeur général Sanjay Mehrotra affirme que l'IA mute en super-intelligence et promet un 2027 encore plus fort. La réaction du marché est d'école : le titre avait flambé de 46 % avant la publication, puis fait du surplace. L'animateur en tire la leçon pour Nvidia, Meta et Google : des publications consensuelles ne feront probablement ni décoller ni s'effondrer les cours. J'ai pointé les lignes de ce record sur le communiqué officiel de Micron ; le chiffre d'affaires et le cash-flow opérationnel tombent juste.
Une explication de l'anomalie obligataire, c'est le coût du capital des géants technologiques. La rumeur de marché parle de 6 à 8 % pour un financement neuf ; quand l'État emprunte à 5,3 % sur dix ans, pourquoi prêter au Trésor plutôt qu'à Meta ou Microsoft. La liquidité qui aurait acheté des obligations se déverse donc sur les valeurs de croissance . Le scénario de l'animateur est symétrique : si l'histoire de l'IA vacille pendant les résultats, l'argent court vers les obligations, les taux se détendent et un rally élargi démarre ; dans les deux sens le système s'équilibre. La seule exception serait un choc iranien au même moment.
Un marché coincé dans le calendrier électoral
Le quatrième thème, ce sont les midterms , et le calendrier est désormais brutalement serré ; tournée le 5 octobre, l'échéance tombe dans quatre semaines environ. Pour Lee le vote est un événement qui clarifie et ranime l'appétit pour le risque quel qu'en soit le résultat ; les marchés adorent le blocage , et même une Chambre démocrate se lit comme un frein aux dépenses nouvelles. Plus intéressant, l'idée que les valeurs IA respirent après le vote, les démocrates se réconciliant avec les centres de données et le Clarity Act à mesure que les retombées locales et le soutien bipartisan deviennent indéniables. La note du 23 septembre de Morgan Stanley rappelle ce qui préoccupe vraiment les électeurs : le pouvoir d'achat, avec 47 % des sondés Reuters/Ipsos classant le coût de la vie en premier. J'ai mis ce cadre en regard de l'analyse électorale de Morgan Stanley ; le soulagement du blocage et l'avertissement sur la surveillance des secteurs technologique et énergétique s'y retrouvent à l'identique.
L'argument technique du camp optimiste à court terme, c'est une largeur de marché à plat. Seuls 25 % des titres restent au-dessus de leur moyenne à 50 jours, récemment tombés à 21 % ; à 200 jours la part est de 42,5 %. Pendant que l'indice touche des sommets, l'action moyenne vit un marché baissier. Seuls 44 % des gérants actifs battent l'indice. L'animateur le lit à l'envers : quand tout le monde broie du noir, les ventes massives arrivent rarement, tandis qu'une pointe de bonne nouvelle peut allumer un large rebond. Le calendrier ajoute un vent arrière : la saisonnalité baissière s'est refermée le 30 septembre, les statistiques d'octobre penchent du bon côté, la faible participation des particuliers en septembre et le sous-positionnement des grands fonds peuvent gonfler les achats d'octobre. Les notes de JPMorgan et des bureaux Citadel décrivant le quatrième trimestre comme une phase de rechargement rangent dans le même camp.
L'énigme obligataire et l'horloge iranienne
L'argument le plus concret des baissiers, c'est le marché obligataire. Le mouvement des deux dernières semaines est historique par son ampleur, alors que ni l'emploi ni l'inflation n'ont assez changé pour le justifier. L'animateur y voit un contre-squeeze, un positionnement tactique qui devra se dénouer tôt ou tard. Le second argument est géopolitique, et là le ton change : l'animateur chiffre l'Iran à 50-50 et garde une nouvelle campagne à la mi-novembre sur la table. La logique est politique : un accord se fait avant le vote ou jamais, car la victoire dispenserait ensuite de signer ; une escalade relancerait le pétrole et les taux, et écraserait les attentes de bénéfices. J'ai contrôlé le trafic récent du détroit d'Ormuz avec le reportage du 1er octobre du Guardian sur les flux de pétrole brut ; les chargements semblent revenus près des niveaux d'avant-guerre, même si les produits raffinés comme le diesel restent contraints.
Au net, le tableau a deux faces mais pas symétriques. Les ingrédients d'un rally proche s'accumulent : intérieurs lavés, hausse de taux remisée, profits solides, saisonnalité favorable. La baisse exige que les deux détentes partent ensemble : déception sur les résultats et choc iranien. L'animateur se positionne en conséquence : long actions, aucune couverture, aucune option, aucune vente à découvert, uniquement des valeurs à conserver. Le portefeuille communautaire gagne 112 % depuis janvier, porte moins de 10 % de marge avec 400 000 dollars de pouvoir d'achat derrière, prêt à acheter tout creux. Les valeurs leaders mènent pour de bonnes raisons ; neuf fois sur dix en cinq ans les retardataires ont recollé après l'orage, et nul ne devrait s'étonner s'ils recommencent.
Moments clés
Commentaire de l’IA
"Un indice au plus haut pendant que la peur domine n'a rien d'étrange, c'est une fracture classique du leadership. J'ai vérifié chaque chiffre ci-dessous aux sources primaires sans me laisser emporter ; au lecteur de surveiller les taux et la saison des résultats, et de calibrer ses positions en conséquence."
Évaluation de l’IA
L'objection la plus forte vise la thèse obligataire. La montée des taux peut bien être structurelle : déficits, ventes des banques centrales étrangères, prime de terme. Les bruits de ventes chinoises et japonaises circulent dans la vidéo comme une question, jamais vérifiés, et les rumeurs d'une grosse liquidation arrivent sans nom sourcé. Côté profits, la croissance repose sur une poignée de noms et le cycle de la mémoire ; tripler le chiffre d'affaires en un an chez Micron, c'est un profil de haut de cycle, et les prévisions 2027 supposent que le rythme dure.
La liste des manques n'est pas courte : trancher sur la trajectoire des taux avant l'inflation de septembre et le compte rendu de la réunion, c'est tôt. L'idée qu'un pétrole cher renforce l'Amérique parce qu'elle exporte se discute ; consommateurs et transporteurs paient la facture. Les lignes JPMorgan et Citadel arrivent de seconde main, leurs textes primaires jamais montrés. Et le pronostic iranien relève du sentiment, pas d'une probabilité ; l'étiquette 50-50 vient d'une conviction, pas d'un modèle.
L'intérêt de l'orateur est affiché : il gère un portefeuille long et margé, et invite les spectateurs dans sa communauté de trading, parlant le langage de l'opportunité d'achat jusque dans le scénario baissier. La conclusion pratique pour le lecteur est nette : surveiller si le 10 ans repasse sous 5 %, si Nvidia, Meta, Google et Microsoft confirment les attentes, et si les flux raffinés via Ormuz se normalisent ; garder un levier léger et accueillir la faiblesse par achats échelonnés.
Sources
7 liens ; 3 d’entre eux sont aussi cités par 9 autres articles. Stories sharing a link do not confirm each other; a source's origin is not inferred from how often it is cited.
- @youtube.com YouTube - The Creative Investor: Tom Lee prediction for stocks
- @gurufocus.com GuruFocus: Tom Lee says investor pessimism misses bigger earnings story
- @cnbc.com CNBC: labor market faltered as September jobs rose just 29,000
Également cité par : Oil Eases as Payrolls Soften: A Week of the Fed, Europe and Brazil · Tom Lee: Excessive Pessimism Grips Markets, S&P Eyes 9% Rally to 8,400 · Will Gold Fall to $3,100 and Silver to $35? A Data-Driven Answer to the Crash Call · 5 Best Stocks to Buy in October: AVGO, MELI, UNH, UBER and LITE · AI money is rotating: optical networks and data-center builders take the lead
- @factset.com FactSet: S&P 500 earnings season preview Q3 2026
- @micron.com Micron: record fiscal fourth-quarter and full-year 2026 results
Également cité par : Micron's Memory Supercycle Challenges Nvidia's AI Valuation Lead · Nvidia at a record, Micron feasts on earnings: what moved chip stocks on October 2 · AI money is rotating: optical networks and data-center builders take the lead · Micron crushed earnings but the stock stalled: inside the 54 billion dollar quarter
- @morganstanley.com Morgan Stanley: 2026 midterm elections potential market impact
- @theguardian.com The Guardian: Hormuz crude exports return near pre-war levels
Également cité par : Neler Oluyor? 160: Iraq Withdrawal, Hormuz Energy, the Pope in France and the AI Summit
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