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L'opportunité de 2027 est-elle en Amérique latine ? Nubank et MercadoLibre à la loupe

Les actions Nubank et MercadoLibre ont piétiné pendant des années tandis que les deux sociétés multipliaient clients et revenus. Les résultats du deuxième trimestre 2026 ont clarifié le tableau : Nubank a signé son premier trimestre au-dessus du milliard de dollars de profit, MercadoLibre a franchi les 10 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour un 30e trimestre de suite au-dessus de 30 pour cent de croissance. Puis une surprise des urnes au Brésil a porté le marché vers des records et le débat sur 2027 s'est enflammé. J'ai ouvert chaque dossier pour séparer le prix de la substance.

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Certaines sociétés voient leur cours piétiner pendant des années tandis que l'activité compose en silence ; les traders disent qu'elles sont enlisées. Nubank et MercadoLibre forment exactement ce duo. L'un est la plus grande banque numérique d'Amérique latine, l'autre le géant du commerce et des paiements du continent. Les deux titres ont patiné longtemps pendant que clients et revenus se multipliaient en dessous. Voilà pourquoi tout le débat sur l'opportunité de 2027 converge vers ces deux noms, et j'ai retroussé mes manches pour démêler le nœud.

Un cours enlisé, un moteur qui tourne

Écouter quelqu'un qui a travaillé à l'intérieur des deux sociétés enseigne davantage que lire des bilans depuis l'extérieur. L'invité a fait les relations investisseurs dans chacune, il a donc vu la cuisine comme la salle. Le contraste culturel qu'il décrit est frappant : MercadoLibre avance sur des principes écrits comme créer de la valeur pour les utilisateurs, vivre en bêta permanente et prendre des risques en propriétaire, avec des évaluations liées à ces principes. Nubank se construit autour de l'amour fanatique du client, de la faim et du défi au statu quo. Les deux restent menées par leurs fondateurs et les deux ont gardé leurs valeurs en grandissant. Comme une bonne boulangerie de quartier, la recette a survécu à chaque nouvelle succursale.

Au Brésil, les urnes ont envoyé la Bourse au ciel en un seul jour. Le lundi 5 octobre 2026, l'indice de référence a bondi de 7,7 pour cent au-delà des 206 000 points, sa plus haute clôture de l'histoire. Les chiffres compilés par Rio Times (riotimesonline.com) montrent la plus forte ascension en une séance depuis mars 2020. La cause : un choc au premier tour, avec le candidat de droite en tête à 47 pour cent, à rebours des sondages, et le président sortant autour de 45 pour cent. Le second tour arrive le 25 octobre, et d'ici là les actions brésiliennes vivront au rythme des sondages.

L'euphorie du marché après le vote

La logique de la fête était simple : le candidat promettant la rigueur budgétaire a été acheté comme une main plus ferme sur les deniers publics. Les reportages du service économie de Globo montrent les bancaires et la distribution menant le rallye ; certaines banques ont gagné plus de 10 pour cent en un jour, l'action de l'opérateur boursier lui-même a bondi de plus de 20 pour cent, et un distributeur célèbre s'est envolé de 24 pour cent. Le real brésilien s'est renforcé d'environ 4 pour cent face au dollar. Les exportateurs occupaient l'autre face de la médaille : une monnaie forte rogne les profits des groupes qui gagnent en dollars et dépensent en reais, et les valeurs minières et papetières ont reculé. Les urnes n'ont pas offert le même cadeau à tout le monde.

Alors pourquoi l'Amérique latine, et pourquoi maintenant ? Imaginez un marché de rue : les étals sont pleins, la foule est dense, mais une seule caisse avec une file interminable. Des centaines de millions d'habitants du continent n'ont jamais rencontré une banque ou détestent la leur. Une population jeune vit sur son téléphone, les petits commerçants ont faim de crédit, et la bureaucratie avance lentement. Qui comble ce vide devient l'étal ouvert le premier ; une fois l'habitude prise, les clients partent rarement. Les commentaires de marché relayés par Reuters disent la même chose : les investisseurs récompensent les politiques adaptées aux besoins économiques et budgétaires de la région. Les risques sont réels, bien sûr, mais le prix l'est aussi.

Premier dossier sous la loupe : Nubank. Le communiqué de la société, publié via nu.com, affiche 139 millions de clients au deuxième trimestre 2026, dont 118 millions au Brésil, 16 millions au Mexique et plus de 5 millions en Colombie. Environ 4 millions de nouveaux clients en trois mois. Le taux d'activité mensuel a dépassé 83 pour cent, et au Brésil il a franchi 86 pour cent pour la première fois. Presque chaque adulte brésilien a désormais croisé cette carte violette. À mes yeux, la bataille des clients est largement gagnée.

Les fossés de la banque violette

Aussi impressionnant que le nombre de têtes, ce que chaque client laisse derrière lui. Le chiffre d'affaires trimestriel a grimpé de 39 pour cent sur un an à 5,9 milliards de dollars ; le bénéfice net a dépassé le milliard de dollars pour la première fois de l'histoire de la société, et le rendement des fonds propres a touché 33 pour cent. Le portefeuille de crédit a atteint 39 milliards de dollars, les dépôts 45 milliards. Le côté des coûts ressemble à une entreprise technologique : servir un client coûte environ un dollar par mois. Pendant que les banques classiques paient agences et guichets, Nubank paie des serveurs, et la différence tombe directement en profit.

Le fossé au Brésil, c'est le fauteuil de banque principale du client. La société domine déjà le marché de masse et constitue la première adresse où des masses de clients reçoivent leur salaire et paient leurs factures. Elle monte en gamme avec deux marques : Ultravioleta pour la clientèle aisée et Croma, tout juste lancé, pour le cœur de gamme supérieur. Elle touche aussi plus de petites entreprises qu'aucune autre institution financière du pays. Comme une pieuvre, des bras dans chaque poche, une seule tête au centre. Un rival devrait arracher des habitudes, pas seulement une application, pour la déloger.

Le crédit fonctionne ici comme un super-pouvoir. Les clients qui font de Nubank leur banque principale font défaut à peu près moitié moins que la moyenne du portefeuille. L'affection et le recouvrement marchent main dans la main : plus le client aime la banque, plus il paie régulièrement. Les modèles de souscription surpassent les concurrents dans chaque tranche de revenus. Ma leçon est claire : en banque, la garantie la plus solide n'est ni l'hypothèque ni la caution, mais le salaire du client versé sur votre compte. La banque qui détient ce lien traverse les crises moins cher que ses rivales.

Le Mexique est l'acte deux de l'histoire. Après l'obtention d'une licence bancaire en août, la société est devenue la plus grande banque numérique du pays, dépassant 16 millions de clients et 16 pour cent de la population adulte. Ce qui me fascine, c'est la vitesse de monétisation : le revenu par utilisateur au Mexique dépasse le double du niveau affiché par le Brésil au même stade. Les règles de virements instantanés de la banque centrale et les nouveaux standards de paiement ajoutent un vent arrière. Bref, le Mexique ressemble au Brésil de 2020 ; le film a déjà passé une fois, et voici la deuxième séance.

Le projet vers le nord, aux États-Unis, est un récit plus prudent. La direction avance à petits pas avec des garde-fous au lieu de dépenser hardiment outre-Atlantique. Je trouve cela juste, comme un nageur débutant qui s'exerce d'abord dans le petit bain. Le marché américain est saturé, la rivalité féroce et l'acquisition coûte une fortune. Les leçons apprises en Amérique latine voyageront peut-être vers le nord, mais ce front mettra des années à trancher quoi que ce soit. Je traite donc le mouvement américain comme une douce option, pas comme le cœur de la thèse.

Le moteur de croissance de MercadoLibre

Deuxième dossier : MercadoLibre. Le rapport d'activité relayé par Businesswire affiche 10,2 milliards de dollars de chiffre d'affaires au deuxième trimestre 2026, en hausse de 50 pour cent, le rythme le plus rapide en quatre ans et le 30e trimestre de suite au-dessus de 30 pour cent de croissance. Le volume de marchandises a atteint 22 milliards de dollars, avec le Brésil en hausse de 39 pour cent hors effets de change. Le cours est resté sous pression un moment malgré ce tableau, parce que le marché a lu les lignes de marge, pas le titre de croissance.

L'histoire de la marge est la suivante : la marge d'exploitation a glissé de 12 pour cent un an plus tôt à 6,7 pour cent. La raison n'est pas secrète ; la société a versé plus de 2 milliards de dollars dans son portefeuille de crédit en trois mois. Le bénéfice net de 466 millions de dollars a battu les attentes, comme l'a rapporté Reuters, mais cela signifiait un troisième trimestre de suite sous pression sur les profits. Le compte rendu d'assemblée relayé sur Fool.com expose la philosophie sans fard : privilégier la part de marché et la croissance du crédit plutôt que le profit immédiat. Comme un fermier qui enterre la graine au lieu de la manger ; la moisson plus tard, la patience maintenant.

La branche des paiements Mercado Pago ressemble à une société à elle seule. Les utilisateurs actifs mensuels gravitent autour de 80 millions et le portefeuille total de crédit a grandi de 75 pour cent en un an au-delà de 16 milliards de dollars. Le portefeuille de cartes a presque doublé, avec 2,6 millions de cartes émises en un seul trimestre. L'Argentine offre un cas d'école : l'invité raconte comment le nom de la marque est devenu un verbe dans le langage courant, avec des gens dans les files du supermarché proposant de se payer sous ce nom. Quand un outil de paiement entre dans la langue d'un peuple, il cesse d'être un produit pour devenir une habitude, et les habitudes sont bien plus dures à détruire que les produits.

Sur le front concurrentiel se dressent deux géants : Amazon et Shopee de Sea. Les deux attaquent avec les armes de la logistique et des prix. Mais la réponse de MercadoLibre est prête : un réseau de distribution tissé pendant des années, un écosystème de vendeurs et un circuit fermé fusionné avec les paiements. Les revenus publicitaires ont ouvert un front supplémentaire. L'habitude de prendre des risques en propriétaire, l'un des principes culturels de la direction, paie ici ; quand un rival bouge, la réplique arrive sur le terrain en quelques semaines. Ma lecture : cette guerre sera gagnée non par l'acteur le moins cher mais par le plus proche du client.

Faut-il détenir les deux ?

Puis la question du portefeuille : faut-il détenir les deux titres ? Un investisseur de l'émission est cash : porter les deux reviendrait à dupliquer le même pari, puisque chaque société joue la numérisation de l'Amérique latine. Il détient MercadoLibre et regarde Nubank depuis la touche. Je comprends la logique ; comme soutenir deux boulangeries de la même rue, le risque tient à une seule route même si les deux gagnent. Ma propre approche diffère un peu : quand le thème est bon marché et que les deux sociétés le jouent avec des muscles différents, détenir les deux à doses réglées se défend. Pas d'équipondération aveugle pour autant ; l'un est du commerce, l'autre une banque, et leurs bilans réagissent à des chocs différents.

Les risques appartiennent aussi à la table, car l'histoire ne roule pas dans un seul sens. D'abord la politique : si les sondages du second tour se retournent, l'euphorie du marché devient des ventes. Ensuite la qualité du crédit : les deux groupes gonflent vite leur portefeuille de prêts, et un bond du chômage piquerait via les impayés. Puis la devise : un dollar fort comprime les bilans publiés en dollars. Enfin la valorisation : les belles histoires se vendent rarement pas cher, les attentes forment une barre haute, et les manquer fait mal. Construisez donc la position par étapes, pas en une nuit, et retestez la thèse à chaque saison de résultats.

Une liste de surveillance pour finir vers 2027. Premièrement, le Brésil après le second tour : le discours de discipline budgétaire deviendra-t-il des actes ? Deuxièmement, le revenu par utilisateur de Nubank : à mesure que le nombre de clients touche son plafond, cette ligne devient le moteur de l'histoire. Troisièmement, la qualité du portefeuille de MercadoLibre : le recouvrement mérite autant de paroles que la croissance. Si ces trois signaux passent au vert, le réveil des cours enlisés ne surprendra personne. Je vais m'adosser et suivre ces trois jauges ; l'opportunité vient aux patients.

Visualization: nodesdaily AI

Moments clés

  1. Deux valeurs enliséesLe cours a dormi pendant des années tandis que l'activité composait.
  2. Le Brésil vote, le marché applauditUne surprise des urnes a porté le marché au record en un jour.
  3. Pourquoi l'Amérique latineUn continent peuplé, jeune et lassé des files d'attente en banque.
  4. Le fossé de Nubank au BrésilÊtre la banque principale du client, voilà le fossé le plus profond.
  5. Le projet vers le nordAvancer vers le nord à petits pas prudents.
  6. Le moteur de croissance de MercadoLibreDes graines en terre plutôt que du pain sur la table.
  7. La rivalité Amazon et ShopeeDéfier les géants avec la logistique et les paiements.
  8. Une valeur au-delà du duoLe candidat caché au-delà des deux favoris.

Commentaire de l’IA

"Ma lecture de cette histoire est simple : la Bourse regarde parfois la vitrine, parfois la cuisine. Chez Nubank et MercadoLibre, la cuisine tourne à plein régime depuis des années alors que la vitrine vient à peine de s'éclairer. Je garde les yeux sur la cuisine ; le réveil du cours ressemble à une question de temps, même si les urnes brésiliennes peuvent avancer ou retarder cette horloge."

Évaluation de l’IA

Le contre-argument le plus fort, c'est que le risque des urnes au Brésil est peut-être sous-estimé. La fête boursière du 5 octobre repose sur la surprise d'un candidat au premier tour ; si le second tour inverse le résultat, les valeurs bancaires et de distribution rendront vite leurs gains. Un pari politique et un pari d'entreprise, ce n'est pas la même chose, et chacun mérite son propre prix.

En lisant les chiffres, il ne faut pas confondre croissance et rentabilité. Trente trimestres de suite au-dessus de 30 pour cent de croissance, c'est remarquable, mais la marge d'exploitation tombée à 6,7 pour cent est un prix payé délibérément par la direction. De l'autre côté, un premier trimestre au-dessus du milliard de dollars de bénéfice net prouve que l'échelle imprime désormais de l'argent. L'un sacrifie sa marge pour grandir, l'autre a converti sa croissance en profit.

Ma conclusion pratique : surveillez trois horloges distinctes pour ces deux valeurs. D'abord le calendrier électoral, car les actions brésiliennes vivent et meurent par la politique. Ensuite la qualité du crédit, car les deux groupes gonflent leur portefeuille de prêts à grande vitesse. Enfin le revenu par utilisateur, car le nombre de clients touchera un jour son plafond, et c'est là que la vraie histoire commencera.

Sources

7 liens ; aucun autre article publié ne les cite. Stories sharing a link do not confirm each other; a source's origin is not inferred from how often it is cited.

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