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SpaceX : du creux à la cassure, dans les coulisses d'un rebond de 60 %

SpaceX a transformé le déblocage redouté en rampe de lancement boursier, portée par des résultats solides et Starship. La suite dépendra de la rentabilité du troisième trimestre et du calendrier orbital.

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L'impensable s'est produit sur le marché du non-coté puis du coté : l' obligation convertible SpaceX a bondi de près de 60 % en deux mois, passant de 104,83 dollars le 3 août à environ 168 dollars aujourd'hui, pendant que la capitalisation flirtait avec les 2 200 milliards de dollars. Sur la seule dernière semaine, le titre a encore pris 16 %, une accélération verticale qui a replacé Elon Musk au rang de premier trillionaire de l'histoire boursière moderne.

De l'introduction en Bourse au déblocage : krach et plancher

Le parcours boursier avait pourtant mal commencé après une introduction en Bourse très médiatisée au prix de 135 dollars, conclue à 161 dollars dès la première séance du 12 juin avant un record de 225,64 dollars atteint le 16 juin. La suite a pris la forme d'un krach classique : une chute de 54 % qui a ramené la valorisation vers un plancher proche de 1 400 milliards de dollars, sans jamais s'approcher du seuil symbolique des 1 000 milliards redouté par les vendeurs à découvert.

Le test redouté du déblocage du 6 août a libéré plus de 900 millions d'actions, soit près de 100 milliards de dollars de papier, doublant quasiment le flottant disponible du jour au lendemain. Les volumes ont explosé à 28 millions puis 255 et 242 millions d'actions échangées, mais le titre a tenu puis progressé pour clore la semaine à 133,30 dollars. Selon Business Insider, les premiers investisseurs restaient partagés entre prendre leurs profits et conserver une exposition à la trajectoire spatiale.

Bilan et fusée : les deux premiers moteurs

Le premier trimestre publié depuis la cotation a fourni le premier moteur fondamental avec un chiffre d'affaires de 7,81 milliards de dollars, nettement au-dessus des 6,8 à 6,9 milliards attendus par le consensus et en forte progression face aux 4,69 milliards du trimestre précédent. La croissance a donc surpris par son ampleur, même si la société n'est pas encore rentable, d'après ABC News, et que les investissements massifs continuent de peser sur la marge opérationnelle.

Le second moteur est venu du pas de tir avec le vol 14 de Starship , le 28 septembre, qui a atteint pour la première fois l'orbite tout en déployant 26 satellites Starlink V3 de nouvelle génération. SpaceX a enchaîné trois missions en treize heures, une cadence inédite qui illustre l'industrialisation des lancements. D'après SpaceX, l'objectif affiché reste des vols quasi horaires, une promesse qui change l'équation économique de l'accès à l'orbite basse.

Les analystes ont emboîté le pas avec des objectifs spectaculaires, dont 300 dollars chez Morgan Stanley qui juge le titre bon marché à ce niveau, contre 200 dollars chez TD Cowen, 235 dollars chez Deutsche Bank et 250 dollars chez CLSA. Le paradoxe, d'après Yahoo Finance, tient à la détention : sur quarante grands clients institutionnels interrogés, aucun ne possédait encore l'action, ce qui laisse un réservoir d'acheteurs potentiels considérable en cas d'inclusion indicielle.

De XAI à XSI : le rebranding

Le troisième étage de la fusée financière concerne l'intelligence artificielle avec le rachat de xAI pour 250 milliards de dollars le 2 février, apportant Grok, le supercalculateur Colossus et la plateforme X, suivi du rachat de Cursor pour 60 milliards. Le décret signé par Donald Trump le 29 septembre sur la super intelligence a ajouté un parfum réglementaire favorable, tandis qu'Elon Musk validait sur X l'idée d'un rebranding en XSI, d'après Euronews.

La ventilation du chiffre d'affaires éclaire la nouvelle donne : 962 millions pour les fusées , 4,3 milliards pour Starlink et 2,56 milliards pour l'IA, un pôle qui a triplé et devient le deuxième relais de croissance. En face, les investissements atteignent 18,4 milliards dont 15,8 milliards dédiés à l'IA, à comparer aux 1,25 milliard mensuels d'Anthropic et aux 920 millions de Google. Au cours de 159 dollars, environ 127 dollars reflètent l'espace et la connectivité, et 32 dollars seulement l'IA.

Data centers orbitaux et Starlink Mobile

Le goulot d'étranglement de l'IA n'est plus le silicium mais l' électricité , comme l'a rappelé Eric Schmidt relayé depuis le discours de Davos sur la contrainte énergétique des modèles géants. Le dossier déposé à la FCC pousse la logique jusqu'au bout avec jusqu'à un million de satellites et 100 gigawatts par an, contre 1,4 gigawatt aujourd'hui. Le projet Star Mind AI1, adossé aux puces Nvidia Rubin avec des panneaux de 75 mètres et un premier lancement au quatrième trimestre 2027, a été confirmé par Gwynne Shotwell, d'après la FCC.

Le spectre EchoStar, valorisé environ 17 milliards de dollars avec 8,5 milliards en cash, 8,5 milliards en actions et 2 milliards d'intérêts, doit ouvrir la voie au Starlink Mobile en connexion directe vers mobile fin 2027, après un feu vert de la FCC en mai. En parallèle, les puces du projet Suncatcher de Google ont été lancées par Falcon 9, tandis que l'alunisseur Artemis et le ravitaillement orbital avancent, avec des discussions autour d'une implantation TSMC au Texas, d'après EchoStar.

Pourquoi les initiés ne vendent pas, et ce que dit le graphique

Malgré 1,9 milliard d'actions éligibles représentant plus de 300 milliards de dollars et un rebond de 55 %, les initiés n'ont guère vendu pour quatre raisons liées à la fiscalité et à la structure du capital. Beaucoup ont déjà monétisé via les offres de rachat semestrielles, d'autres préfèrent attendre pour des raisons fiscales et par conviction, tandis que les 6,4 milliards d'actions de Musk restent bloquées jusqu'en juin 2027, soit près de 60 % du capital encore verrouillé. Les achats forcés liés au Nasdaq-100, avec 336 millions le 18 septembre, ont absorbé l'offre, avant les prochains déblocages des 9 et 24 octobre, 800 millions le 8 décembre et 1,3 milliard après le troisième trimestre.

Le graphique raconte une construction haussière méthodique avec une base entre 143 et 145 dollars testée à trois reprises, puis un plafond entre 155 et 158 dollars qui a cédé sur une cassure à 158,96 dollars avec 119 millions d'actions échangées vers 168 dollars. Les moyennes mobiles à 20 jours à 151 dollars et à 50 jours à 140 dollars portent la tendance, avec un point de mi-parcours vers 165 dollars. Les cibles se situent à 172,40 puis 173 dollars, avec un gap entre 172 et 177, 175,50 et l'extension Fibonacci vers 180 dollars, tandis que les supports tiennent à 155-158, 151 puis 143-145, avec un RSI à 68 et un stochastique à 93.

Calendrier : catalyseurs et joker Tesla

Le calendrier garde deux catalyseurs avec le vol 15 attendu fin octobre ou début novembre, puis les résultats du troisième trimestre début novembre avec un consensus à 0,14 dollar de bénéfice par action, ce qui signerait le premier trimestre rentable et ouvrirait la porte du S&P 500. Le joker reste la fusion avec Tesla, résumée par le fameux imaginez lâché au All-In Summit, entre 2 200 et 1 500 milliards de valorisation, des votes à 85 % et 20 % et une dilution estimée à 68 % contre 82 % en juillet, d'après Motley Fool.

Visualization: nodesdaily AI
MoteurConstat
Déblocage absorbé900 millions d'actions digérées, clôture à 133,30 dollars
Starship + résultatsVol 14 orbital et 7,81 milliards de chiffre d'affaires
Suite à surveillerVol 15, T3 à 0,14 dollar et seuils 151 puis 143 dollars

Moments clés

  1. Obligation en orbite
  2. Introduction et krach
  3. Déblocage absorbé
  4. Résultats et Starship
  5. Objectifs des analystes
  6. XAI et rebranding
  7. Centres orbitaux
  8. Graphique et calendrier

Commentaire de l’IA

"La démonstration de force après le déblocage impressionne, mais le plus dur commence avec une valorisation qui exige une exécution parfaite. Je garderais l'enthousiasme pour les fusées et la prudence pour le portefeuille."

Évaluation de l’IA

Le contre-argument le plus solide reste la valorisation, avec un multiple d'environ 30 fois le résultat d'exploitation attendu en 2028 contre 16 fois pour les grands pairs spatiaux et technologiques, ce qui laisse peu de marge à l'erreur d'exécution. Les centres de données orbitaux, la cadence réelle de Starship et la montée en puissance de Starlink Mobile demeurent des paris industriels complexes, tandis que Grok reste en retrait des modèles frontières sur plusieurs évaluations publiques. À cela s'ajoutent la dilution liée aux rachats payés entièrement en actions et les vagues de déblocage à venir, avec des indicateurs comme le RSI qui signalent déjà une surchauffe de court terme.

Le récit laisse aussi plusieurs angles dans l'ombre, à commencer par la trajectoire précise vers une rentabilité durable avec le niveau de marges par segment et le calendrier de normalisation des investissements. La répétabilité du vol 15, le taux de réussite des récupérations et le rythme de déploiement des satellites V3 diront si la cadence devient vraiment industrielle. Enfin, les résultats du troisième trimestre, la qualité du flux de trésorerie et les commentaires sur le carnet de commandes fourniront le test décisif avant toute projection vers le S&P 500.

Il faut enfin lire le propos avec son biais haussier assumé, porté par un animateur qui défend ses positions et promeut son club payant, avec un segment sponsorisé pour la minière Goldgroup Mining sous le code GORO. Cela n'invalide pas les chiffres, mais invite à vérifier chaque niveau et chaque date plutôt qu'à suivre l'enthousiasme. Concrètement, les seuils de 155 à 158, 151 et 143 à 145 dollars cadrent le risque, la taille de position doit rester prudente face à la volatilité des déblocages, et l'ensemble ne constitue en aucun cas un conseil financier.

Sources

9 liens ; 2 d’entre eux sont aussi cités par 3 autres articles. Stories sharing a link do not confirm each other; a source's origin is not inferred from how often it is cited.

spacex · bourse · starlink · starship · elon musk

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