Les analystes sont perplexes : les taux sont élevés, le pétrole coûte cher, la tension géopolitique persiste, et pourtant le Nasdaq enchaîne les sommets historiques . Selon moi, la perplexité vient d'un mauvais écran ; pendant que le marché fixe les rendements obligataires, les bilans des entreprises battent des records en silence. L'intervenant affirme avoir lu ce tableau il y a des mois et avoir atteint le sommet avec son portefeuille. Investing confirme ce tableau : l'indice Nasdaq 100 a signé un nouveau record alors que le rendement à 10 ans se maintenait à 5,3 %.
La séance d'hier résumait l'histoire : le S&P 500 a gagné 0,67 % et le Nasdaq 1,05 %, tandis que le Dow restait en retrait à 0,18 %. Les rendements des bons à 2 et 10 ans ont aussi monté, donc leurs prix ont baissé ; le pétrole reste élevé et le bitcoin flirte avec des sommets vers 86 000 dollars. Côté technique, SPY et QQQ évoluent au-dessus de toutes leurs moyennes clés, et le SMH, riche en semi-conducteurs, affiche la même vigueur. Une combinaison qui ne devrait pas exister, mais l'argent se montre sélectif et achète les bonnes sociétés plutôt que tout le marché.
Les indicateurs de sentiment rendent le tableau encore plus savoureux : l'indice de peur et de cupidité de CNN reste en zone de peur, et les ours sont plus nombreux que les taureaux dans les enquêtes. L' indice MOVE , l'indicateur préféré de l'intervenant pour la volatilité obligataire, reste élevé, ce qui est rarement une bonne nouvelle pour les actions. Pourtant, sur un mois, les grandes valeurs de croissance ont rapporté plus de 4 % quand les valeurs décotées finissaient dans le rouge. Le marché est revenu vers la technologie ; pour les chasseurs de décotes, je trouve les bourses américaines plutôt mal adaptées.
Des profits d'entreprises records
Contre l'habitude des économistes manuels qui expliquent la bourse par la macro, la thèse de l'intervenant est directe : acheter une action, c'est devenir associé d'une entreprise, donc il faut regarder les profits. Les données de Yardeni Research pour le deuxième trimestre 2026 montrent des profits avant impôts de 4 700 milliards de dollars pour le S&P 500, avec une tendance qui accélère. Les bénéfices réalisés à l'étranger atteignent 1 200 milliards annualisés, tandis que les profits unitaires et bruts continuent de grimper. Selon Factset, la marge nette du S&P 500 au deuxième trimestre a atteint 15,7 %, un plus-haut depuis que Factset suit cet indicateur en 2009.
Le moteur de cette explosion est la chaîne de valeur de l'IA : des équipementiers comme Nvidia et Micron, des hyperscalers qui revendent ce matériel en services, et au bout OpenAI et Anthropic qui vendent des jetons. Le bout de la chaîne est déficitaire mais croît à un rythme fou ; le revenu annualisé d'OpenAI atteint déjà 70 milliards de dollars. Selon Thenextweb, OpenAI discute désormais avec le fonds MGX d'Abou Dhabi et BlackRock pour un nouveau tour de 30 milliards à une valorisation de 1 400 milliards. Ceux qui utilisent vraiment l'IA voient que tout commence à peine ; seuls 2 % des Américains paient 20 dollars par mois pour en profiter.
Trois risques capables de finir la fête
Alors quand la fête se termine-t-elle ? L'intervenant cite trois points de rupture, et je les prends tous les trois au sérieux. D'abord, une introduction en bourse ratée d'Anthropic ; si l'un des deux plus grands clients de l'IA trébuche, les profits de toute la chaîne vacillent. Ensuite, un repli brutal des marchés ; comme ces sociétés investissent les unes dans les autres, une partie des profits s'évaporerait avec les valorisations. Enfin le crédit : les hyperscalers génèrent encore beaucoup de trésorerie, mais des acteurs comme OpenAI et Anthropic dépendent de prêts frais et d'actionnaires nouveaux, alors que le coût de la dette risquée culmine.
L'anatomie de la pression obligataire s'inscrit dans le même cadre : l'inflation et l'emploi sont sortis sans alerte, mais les rendements refusent de baisser. L'intervenant cite les ventes du Japon, une croissance nominale vigoureuse, la demande de crédit liée à l'IA et des déficits qui se creusent. Le changement d'acheteurs est crucial : là où la Chine, le Japon et les banques centrales achetaient, les fonds spéculatifs dominent, avec 2,04 millions de contrats courts sur les futures à 10 ans, soit le double de la moyenne historique. Une telle concentration de positions courtes ne peut durer selon lui, et un geste de la Fed pourrait provoquer un retournement violent ; il a lui-même soldé sa position TLT pour profiter d'une déduction fiscale de fin d'année offerte aux investisseurs turcs, avec l'intention de racheter.
Pourquoi l'Europe reste hors du portefeuille
Sur l'Europe, le tableau est sombre : l'euro touche un plus-bas de 17 mois face au dollar, la France et l'Allemagne fragilisent le système, et une confrontation avec la Chine sur l'automobile se dessine. Mais l'Europe vend aussi à la Chine et lui achète ; des pièces comme les aimants automobiles dépendent entièrement d'elle, et des interdictions pourraient relancer l'inflation. L'intervenant décrit des années d'insouciance, la dépendance à l'État et le coût social des migrations comme un nœud inextricable. Le bloc étant incapable de décider ensemble, il conseille aux investisseurs de rester à l'écart ; je partage cet avis, au moins tant que la contagion obligataire ne s'apaise pas.
Valeur par valeur
Le front Nvidia exulte : l'action est au plus-haut historique, à 350 milliards d'une valorisation de 6 000 milliards, et c'est la première ligne du portefeuille de l'intervenant. Le déclencheur fut une solide publication du fournisseur Foxconn ; selon Moneycontrol, son chiffre du troisième trimestre a bondi de 47 % à 95,4 milliards de dollars, au-dessus des attentes. Le ratio cours-bénéfices prospectif s'est tassé de 25-26 à 19,8, et le PEG de 0,23 reste très loin du seuil classique de 1,6. L'idée que ces revenus durent tant qu'OpenAI et Anthropic tiennent me paraît raisonnable ; rêver d'un quadruplement est osé, mais la direction reste haussière.
Micron est l'épreuve de patience : parmi les 10 plus fortes hausses de l'année, le titre souffle tandis que les investisseurs doutent de la durée du cycle. Une hausse de 36 % des prix de la mémoire en août et une pénurie évoquée jusqu'en 2030 soutiennent le dossier. Selon Aistockwire, les prix de la mémoire ont battu des records en août pendant que les exportations coréennes de puces bondissaient à 26 milliards et que la DDR4 dépassait la DDR5 en prix. L'argument selon lequel le besoin de mémoire explose avec l'usage de l'IA est puissant ; il y a de quoi rester serein.
Intel est la valeur que l'intervenant n'aime pas mais qu'il suit : le rebond des processeurs a porté le cours, sans régler l'incapacité structurelle dans les puces graphiques. Selon Tomshardware, Musk a confirmé des discussions avec TSMC pour son projet de fonderie Terafab, dont Intel est le seul autre partenaire nommé, signe de méfiance selon lui. SpaceX a bondi de 7,6 % en un jour sur une note à 300 dollars ; selon Finviz, Morgan Stanley juge le titre bon marché une fois la croissance prise en compte. L'intervenant a accumulé sur le creux des 60-70 dollars et en fait un incontournable pour qui croit à l'espace : cher, mais essentiel. Son message final est net : le rallye technologique sélectif continue pendant que les taux et le destin des géants de l'IA restent sous surveillance. Il précise aussi partager son portefeuille et son terminal de données via une communauté d'investisseurs.
| Signal | Niveau |
|---|---|
| Direction du Nasdaq | Record ; rallye techno sélectif |
| Taux à 10 ans | Pression vers 5,3 % |
| Marge du S&P | Record à 15,7 % |
Moments clés
Commentaire de l’IA
"À mon sens, la force de ce bulletin est d'écarter les clichés macro pour regarder les bilans des entreprises. Son point faible reste l'autosatisfaction sur le portefeuille, mais les chiffres et la thèse obligataire méritent une lecture attentive."
Évaluation de l’IA
Le contre-argument le plus solide reste la concentration malsaine : une poignée de géants porte les indices pendant que le reste piétine. Les investissements croisés entre sociétés d'IA signifient qu'une partie des profits affichés n'est que plus-values latentes ; un choc sur Anthropic ou OpenAI frapperait à la fois la chaîne d'approvisionnement et ces profits. Si les taux s'installent durablement au-dessus de 5 %, les flux de trésorerie aujourd'hui solides pourraient fondre sous le coût du refinancement.
Le bulletin a aussi ses angles morts : le sommet du portefeuille est célébré sans rendement chiffré ni horizon, et le calcul fiscal de l'opération TLT repose sur une simple déclaration. L'affirmation des 2,04 millions de contrats courts s'appuie sur un seul graphique, sans distinguer le brut du net ni les opérations de base. La charge contre les migrations et l'État-providence dans le passage européen relève davantage de la conviction que de l'économie.
L'intérêt possible de l'intervenant mérite une note : avec Nvidia en première ligne et du Micron comme du SpaceX en portefeuille, il raconte naturellement une histoire qui flatte ses positions. Les revenus de la communauté d'investisseurs et du terminal de données récompensent aussi un récit optimiste et très actif. Cela ne fausse pas les chiffres, mais éclaire les valeurs mises en avant et les risques survolés.
Pour le lecteur, l'enseignement pratique tient en trois lignes : sur les marchés américains, préférer les technologiques à croissance prouvée plutôt que la chasse aux décotes, inscrire au calendrier le signal de débouclage des positions courtes et l'introduction d'Anthropic, et limiter l'exposition européenne tant que la contagion obligataire persiste. La tactique fiscale de fin d'année pour les investisseurs turcs vaut d'être notée, sans jamais justifier à elle seule une opération.
Sources
8 liens ; 1 d’entre eux sont aussi cités par 1 autre article. Stories sharing a link do not confirm each other; a source's origin is not inferred from how often it is cited.
- @youtube.com YouTube — Bora Ozkent market bulletin
- @investing.com Investing — Nasdaq 100 record with 10-year at 5.3%
- @insight.factset.com FactSet — S&P 500 record net profit margin
- @moneycontrol.com Moneycontrol — Foxconn revenue jump on AI demand
Également cité par : Bear market breadth and the big rotation question
- @aistockwire.com Aistockwire — memory prices record in August
- @thenextweb.com The Next Web — OpenAI funding round talks
- @finviz.com Finviz — Morgan Stanley SpaceX target
- @tomshardware.com Toms Hardware — Musk TSMC Terafab talks
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