Retour au fil

Peur de la mobilisation avant le vote : de jeunes Russes repartent vers la Géorgie

De jeunes Russes interrogés par DW à Batoumi et Tbilissi affirment qu'ils partent avant les élections législatives de ce week-end, de crainte que le Kremlin n'annonce une nouvelle mobilisation de masse ; le souvenir de la mobilisation de 2022, un nouveau système de convocations électroniques et la frontière géorgienne de 920 km sans visa déterminent leur décision.

Importé dans Nodesdaily : (UTC+03:00)
Voir sur YouTube — A9CVsMmORIc
Options de lecture

La lecture vocale n’est pas disponible dans ce navigateur.

Loupe à concepts

Choisissez un terme technique de cette vue pour lire sa définition générale, un exemple pédagogique et son usage dans l’article.

Aucun terme de notre glossaire n’a été trouvé dans cette vue. Le glossaire ne couvre pas encore tous les termes.

Des mois de spéculation ont convergé vers les élections législatives de ce week-end. Le reportage de DW indique que certains jeunes hommes partent déjà pour la Géorgie voisine, car ils s'attendent à ce que le gouvernement annonce une nouvelle mobilisation de masse pour la guerre en Ukraine juste après le vote. Des images de Penza montrent deux femmes tentant de bloquer une voiture emmenant leurs proches vers un point de rassemblement de mobilisation, une scène que la vidéo présente comme de plus en plus fréquente. Le Kremlin dément tout projet et le président Vladimir Poutine a qualifié ces rumeurs de pur délire, mais le souvenir de la mobilisation partielle de 2022 fragilise ces assurances.

De Penza à Batoumi — pourquoi un étudiant a abandonné l'université pour partir

À Batoumi, un jeune homme prénommé Alex — un pseudonyme — explique avoir abandonné ses études pour quitter la Russie. Il décrit les visites régulières sur son campus de personnes du bureau de recrutement ou de retour de la guerre, venues tenter de convaincre les étudiants, et dit que rester pour terminer son diplôme aurait pu lui faire perdre toute chance de partir. Il affirme ne pas pouvoir vivre dans un pays qui commet de telles atrocités sous un tel dirigeant politique. La vidéo présente son cas comme le symptôme d'une pression plus large qui touche l'enseignement supérieur, et pas seulement le front.

Si la Géorgie s'impose, la raison est claire. Elle partage une frontière terrestre de 920 kilomètres avec la Russie, les Russes peuvent y entrer sans visa et y séjourner jusqu'à 12 mois, et le passage en voiture ou à pied par Verkhny Lars laisse une trace plus légère et plus rapide que l'avion, où les voyageurs craignent d'être arrêtés ou refoulés à l'aéroport. Lors du dernier grand exode en 2022, la Géorgie a accueilli des dizaines de milliers de personnes, Reuters et The Guardian rapportant des attentes allant jusqu'à 48 heures et des files d'attente longues de plusieurs kilomètres. Alexander, resté à Tbilissi où il a créé une entreprise de services informatiques au service d'autres professionnels relocalisés, dit que la vie là-bas lui paraît plus apaisée qu'à Moscou, où il avait toujours l'impression que tout pouvait s'effondrer ; sa famille l'a rejoint en 2023 et il ne projette plus qu'à un ou deux ans.

Convocation électronique, Europe qui se referme et un nouveau moyen de dissuasion

Un coordinateur d'une ONG de Batoumi qui vient en aide aux personnes touchées par la guerre estime que les options se sont réduites. La Géorgie et l'Arménie restent les principales destinations, avec le Kazakhstan et la Serbie en alternative, mais les programmes de relocalisation en Europe ont été progressivement réduits. Pour l'instant, aucun flux majeur vers la Géorgie comparable à celui de 2022 n'est observé, mais cela pourrait changer rapidement si le Kremlin franchit le pas impopulaire après l'élection. Politico, citant des données frontalières, rapporte que plus de 113 000 Russes sont passés par le poste de Upper Lars en une seule semaine récente, un pic qui reflète l'anxiété croissante.

Ce qui érode la confiance, c'est la formulation des démentis. Natalia Kovaleva, du programme Russie et Eurasie de Chatham House, rappelle que quelques jours seulement avant la mobilisation partielle de 2022, le président de la commission de la défense de la Douma d'État et d'autres responsables avaient rassuré l'opinion en affirmant qu'aucune mobilisation générale n'aurait lieu, avant qu'une mobilisation de 300 000 hommes ne suive. La formule de Poutine en début de mois — « pas besoin en l'état aujourd'hui » — laisse la porte ouverte à demain, dit-elle, si bien que les gens la prennent avec prudence. Meduza et Politico relèvent des démentis similaires récents aux Nations unies et de la part du porte-parole du Kremlin, tandis que la collecte de données sur les réservistes et les déclarations des employeurs se poursuivent.

Le plus grand changement depuis 2022 est d'ordre juridique. Une loi adoptée en mars a rendu les convocations électroniques obligatoires ; déployées à partir de 2023 et généralisées à tout le pays en 2025, elles prennent effet dès leur émission en ligne, informent automatiquement les services frontaliers et imposent une interdiction de voyager. Une absence de réponse peut entraîner des sanctions touchant les demandes de prêt, l'achat ou la vente de biens immobiliers, voire le permis de conduire. En juillet, la Garde nationale a publié un décret sur la protection contre les dangers survenant en temps de mobilisation et de guerre, et le média indépendant Meduza a révélé une directive demandant aux administrations régionales de réduire leurs effectifs masculins de 10 à 15 % d'ici octobre afin de libérer du personnel. Ensemble, ces mesures ferment l'échappatoire de la convocation papier qui, en 2022, avait permis à près d'un million de personnes de partir avant d'avoir à signer une convocation.

La guerre s'est aussi rapprochée du quotidien. Kovaleva explique qu'en 2026, la campagne de drones ukrainienne contre les raffineries de pétrole et les infrastructures commerciales à travers la Russie a fait de la guerre un élément visible bien au-delà des régions frontalières, minant la confiance dans la capacité de l'État à protéger ses citoyens. Pénuries de carburant et pression inflationniste ont suivi, les entreprises devant assumer les coûts de protection. Sur le plan militaire, l'ampleur des besoins est difficile à évaluer sans chiffres des pertes, mais des observateurs indépendants font état d'un déficit croissant d'effectifs et d'une progression au front plus lente que ne l'avait estimée le Kremlin. Le recrutement s'est étendu via les universités et des rafles de rue plus coercitives comme celle filmée à Penza, passant des incitations financières — un objectif annoncé de 409 000 soldats contractuels d'ici fin 2026 — vers la contrainte, qui pourrait s'intensifier après le vote.

Commentaire de l’IA

""À mon avis, la question n'est pas de savoir si l'annonce tombera, mais s'il restera le temps de partir le cas échéant ; les convocations électroniques qui déclenchent automatiquement des interdictions de voyager referment la fenêtre bien plus vite qu'en 2022, c'est pourquoi les jeunes hommes partent avant toute annonce.""

Évaluation de l’IA

La force de cet article tient à la façon dont il ancre une peur unique — une mobilisation après les élections — sur trois piliers : des témoins directs sur l'axe Penza-Batoumi, des chiffres concrets sur les passages frontaliers et le mécanisme juridique de la convocation électronique, les recoupements Meduza-Politico le hissant au-delà de la simple spéculation.

La limite tient à la représentativité : DW s'entretient avec ceux qui ont les moyens de partir et d'obtenir un pied-à-terre sans visa en Géorgie ; ceux qui n'en ont pas les moyens, qui ont été refoulés ou qui sont bloqués en Russie ne sont pas entendus. L'affirmation selon laquelle les programmes européens de placement se réduisent est plausible mais non quantifiée pays par pays.

En pratique, le seuil compte plus que l'ampleur : même sans décret le soir du scrutin, la pression sur les filières universitaire et publique monte déjà ; pour ceux qui envisagent de partir, la fenêtre se referme avant toute annonce, tandis que pour ceux qui restent, la priorité est de clarifier leur statut juridique avant l'arrivée d'une convocation.

Sources

6 liens ; aucun autre article publié ne les cite. Stories sharing a link do not confirm each other; a source's origin is not inferred from how often it is cited.

russie · mobilisation · georgie · ukraine · migration · actualites dw

Suivre le sujet

Avant cet article

Un court ordre de lecture des articles antérieurs reliés à cet événement par un éditeur.

Preuves et sources

Consultez les passages autorisés, leurs versions et leur origine.

KAYNAKLARLA OKU

Bu haberi açalım.

Hesap kontrol ediliyor…