Redressement bénéficiaire et mix des pôles
Je lis ce trimestre comme un vrai redressement : le chiffre annuel bondit de 161 %, avec un bénéfice opérationnel trimestriel de 431M$ contre une perte de 1.722B$ un an plus tôt. Le bénéfice dilué atteint 35 cents par action, mais le net sur neuf mois reste une perte de 413M$, tandis que le pôle IA porte une perte opérationnelle de 3.295B$ sur la même période. Le dossier S-1 publié sur SEC confirme ce profil : dégâts liés aux dépenses de 2025, puis un trimestre rentable qui perce. J'y vois un progrès chargé de risques , pas encore une victoire.
Le dossier découpe SpaceX en trois branches : espace, connectivité et IA, et l'IA joue les locomotives , avec des revenus en hausse de 830 % sur un an. L'investissement trimestriel atteint 19.593B$, soit près du double des attentes : 16.44B$ pour l'IA, 1.543B$ pour Starlink, 1.606B$ pour l'espace, donc 83.9 % pour l'IA. Les chiffres annuels SEC ajoutent le relief : revenus 2025 de 18.674B$, perte opérationnelle de 2.589B$, EBITDA ajusté de 6.584B$, dont 3.201B$ de revenus IA face à 6.355B$ de pertes. TechCrunch a décrit la même hémorragie, que je lis comme un surinvestissement assumé.
L'objectif capacitaire constitue la surprise : environ 3 GW aujourd'hui, au moins 13 GW l'an prochain, voire 20 GW si les conditions le permettent, contre quelque 50 GW de capacité mondiale installée. Je m'appuie sur le dossier SEC consacré à Colossus et sur l'analyse d'ABI Research publiée sur abiresearch.com : un premier ensemble proche du gigawatt est entré en service en 122 jours, le second en 91 jours. Le calendrier prévoit 1.4 GW en juin 2026, 1.7 GW en septembre, puis 2.5 à 3 GW en fin d'année, et 10 GW de plus fin 2027, autour de 1B$ par gigawatt.
Musk affirme que chaque gigawatt coûte 40 à 50B$ mais revient en chiffre d'affaires en un an environ, en revenus et non en bénéfices. Derrière ce calcul, je repère l'écart de prix : SpaceX vend près du comptant autour de 50$ par mégawatt de capacité exploitée, quand CoreWeave sert encore des contrats historiques sous les 30$. Yahoo relève que Nebius a signé quatre accords dépassant 1B$ à 20 ou 25M$ par mégawatt, et les grilles CoreWeave montrent des renouvellements orientés à la hausse. Si les contrats expirés s'alignent sur le comptant, les loyers du secteur grimpent vite.
Course aux capacités face aux limites électriques
Le frein ne vient pas des puces mais de l' électricité : courant, distribution et refroidissement dictent le rythme, et Musk admet que ces maillons coincent d'abord. Ma piste de sortie commence par la production sur site, illustrée par le récit bloomenergy.com de Bloom Energy avec Oracle : jusqu'à 2.8 GW de piles à combustible, 1.2 GW déjà contractés, posés en 55 jours. Une étude Bloom de 2026 prévoit qu'un tiers des centres fonctionnera en autonomie complète d'ici 2030, pendant que les constructions neuves basculent vers le continu 800V, moins gourmand en conversions.
Refroidissement et distribution électrique décident qui monétise la surchauffe des investissements. Seeking Alpha relaie une analyse BNP Paribas désignant Vertiv et Eaton comme gagnants du froid ; Eaton vient de payer 9.5B$ pour Boyd Thermal, tandis que Schneider associe les équipements Motivair aux siens. Mon suivi chiffre le refroidissement liquide de 5.52B$ vers 15.75B$ d'ici 2030. Côté conversion, onsemi et Navitas se distinguent sur les architectures 800V qui dissipent moins par armoire. Je classe ces fournisseurs en paris à effet de levier sur chaque gigawatt raccordé .
Chaque dollar IA part aujourd'hui vers du matériel Nvidia , et la puce maison reste lointaine : l'usine Terafab vise un essai en 2027 puis une série en 2028, un calendrier que je décote. TechCrunch et le dossier SEC convergent sur cette dépendance à un seul vendeur, avec un appel massif à la mémoire, où Micron figure comme fournisseur principal en relation commerciale étroite. Les lignes d'investissement le prouvent : 12.727B$ pour l'IA en 2025, 3.832B$ pour l'espace, 4.178B$ pour la connectivité, puis 7.723B$ d'IA au seul premier trimestre 2026.
La pénurie se lit sur les grilles : Yahoo rapporte que Nebius augmente ses prix dès octobre, avec le H100 passant de 3.85 à 4.50$, le H200 de 4.50 à 5.40$, le B200 de 7.15 à 8.50$ et le B300 de 7.85 à 9.50$. CoreWeave répond par le volume, avec 9.4B$ d'investissements trimestriels pour 2.575B$ de revenus et une prévision 2026 de 35 à 39B$. Musk avoue n'avoir pu louer aucune capacité extérieure chez Nebius, CoreWeave ou les nuages type IREN. Je vois des rayonnages vides , non une demande faible, comme contrainte décisive.
Trésorerie orbitale et options logicielles
Starlink finance la patience ailleurs, et les données Basenor dessinent un cercle vertueux : près de 12M d'abonnés fin juin vers 13.6M en septembre, un revenu moyen proche de 66$ mensuels, relevé vers 69$. La base 2025 compte 8.9M d'abonnés pour 11.4B$ de revenus, avec des recettes entreprises et publiques en hausse de 91 % sur un an. L'aviation prolonge la piste de 3 008 avions équipés vers 12 000 sous contrat, pendant que le direct vers mobile atteint 22M d'utilisateurs mensuels. Je vois là un second moteur à côté du chantier des centres.
La pression se concentre sur les rivaux, à commencer par la coentreprise Viasat Equatys avec Space42 : jusqu'à 1B$ de capital, 2 800 satellites, 60 plans orbitaux, plus de 100 MHz de spectre. Viasat, SES et AST paraissent exposés, comme les opérateurs T-Mobile, Verizon et AT&T. Côté logiciel, la société de codage rachetée en août a imprimé 680M$ de mi-août à fin septembre, Grokbot compte 800 000 payants hebdomadaires, et les formules X de 8$ à 200$ mutualisent des revenus hebdomadaires, selon PricingSaaS. Grok a fait environ 350M$ en 2025 pour 64M d'utilisateurs mensuels, d'après le dossier businessofapps.com de Business of Apps, ce qui place Microsoft sous pression .
| Signal | Échelle |
|---|---|
| Virage bénéficiaire | bénéfice opérationnel 431M$ contre -1.722B$ un an plus tôt |
| Poids IA des investissements | trimestre 19.593B$ ; 16.44B$ pour l'IA, part 83.9 % |
| Pari capacitaire | 3 GW actuels vers 13 à 20 GW l'an prochain |
Moments clés
Commentaire de l’IA
"J'ai trouvé cette publication de résultats singulièrement parlante : NBIS a bondi de 5.39 % après la clôture pendant que Vertiv et Nvidia montaient et que Microsoft reculait. J'utilise ce contraste comme fil conducteur, en suivant bénéfices, capacités, énergie, puces, locations et Starlink avant de trancher les gagnants."
Évaluation de l’IA
La thèse baissière mérite sa place : si la demande d'IA ralentit, les loyers au comptant chutent d'abord, les vieux contrats se renégocient à la baisse, et le retour sur un an se transforme en guerre des prix. Les bâtisseurs endettés subissent alors un stress financier juste quand les nouveaux gigawatts arrivent. CoreWeave et Nebius portent cet endettement, donc je limite les tailles et je surveille les renouvellements comme signal précoce.
Je suis trois jauges désormais : les gigawatts mis en service chaque trimestre face à l'objectif de 13 GW, les grilles locatives GPU publiées par Yahoo et les pages CoreWeave, et le rythme d'équipement Starlink vers 12 000 avions. Si les gigawatts atterrissent, que les grilles montent et que les antennes se posent, la thèse tient. Si une jauge cale deux trimestres de suite, je réduis l' exposition avant que le récit ne se retourne.
Le risque financier reste l'ombre honnête : des investissements trimestriels proches de 19.593B$ ne tiennent pas éternellement sur une trésorerie d'environ 90B$ et quelque 40B$ de financements assimilés à de la dette. De nouvelles lignes de crédit ou une dilution du capital semblent probables, et les objectifs de Musk exigent toujours une décote avant d'entrer dans les modèles. Je traite ces gros titres comme du bruit autour d'un chantier réel, tout en calibrant mes entrées.
Lisez mes notes comme une carte des flux monétaires, jamais comme une consigne : demande, financement et concurrence peuvent se retourner vite. Je continue d'apprendre en public, et chaque société citée exige une étude propre de son bilan et de sa valorisation. J'invite chacun à vérifier chaque chiffre publié, et je rappelle que ceci ne constitue pas un conseil en investissement.
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement ; consultez un professionnel agréé avant toute décision d’investissement.
Sources
12 liens ; aucun autre article publié ne les cite. Stories sharing a link do not confirm each other; a source's origin is not inferred from how often it is cited.
- @youtube.com YouTube — Bora Özkent
- @sec.gov SEC: SpaceX S-1 filing
- @techcrunch.com TechCrunch: xAI burned $6.4B in 2025
- @basenor.com Basenor: Starlink at 13M subscribers
- @businessofapps.com Business of Apps: Grok statistics
- @abiresearch.com ABI Research: AI data center demand growth
- @coreweave.com CoreWeave: cloud pricing
- @finance.yahoo.com Yahoo: NBIS rallies on price hikes
- @bloomenergy.com Bloom Energy: Oracle 2.8 GW partnership
- @seekingalpha.com Seeking Alpha: Vertiv Eaton cooling winners
- @viasat.com Viasat: Equatys joint venture with Space42
- @pricingsaas.com PricingSaaS: xAI retires SuperGrok
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