Quelqu'un a annoncé une copie entière de Photoshop refaite par IA, puis une autre de toute la suite bureautique. Le logiciel ne se compte plus, dit le slogan. Dave, ingénieur Windows à la retraite, a jeté sa propre question dans ce vent : confier à une IA un programme Windows fini, sans source ni symboles, et demander un programme neuf qui fait le même travail. Rust fut la langue cible ; le seul pont entre le départ et l'arrivée serait le programme lui-même.
Le test : d'une calculatrice livrée vers un programme Rust
La calculatrice fut choisie pour trois motifs. D'abord la permission : Microsoft a ouvert la calculatrice moderne sous MIT en 2019 via GitHub, et l'annonce de l'équipe Windows comme la page GitHub le disent clairement. Ensuite la garde : Dave avait dirigé ce même programme, il en connaissait les habitudes. Enfin la difficulté : la calculatrice ressemble à un petit outil à une fenêtre, mais elle porte des modes arithmétiques, programmeur et comptable, plusieurs bases de nombres et un calcul de précision infinie. Imiter les boutons est facile ; imiter les habitudes ne l'est pas.
L'instrument principal fut Ghidra, qu'une agence de renseignement américaine a ouvert au public voici des années. Ghidra démonte les instructions du processeur et rend un texte lisible proche du C ; cet outil a récolté plus de soixante-dix mille étoiles sur GitHub et raisonne avec un vocabulaire commun qui ignore les marques de processeurs. En bref, chaque instruction devient de petits pas comme charger, calculer, stocker et choisir une voie. Le modèle d'IA lit ces pas puis écrit le pendant Rust. Une valeur chargée devient un champ dans une structure ; une fourche embrouillée devient une expression de choix. La perte reste lourde : noms de variables, remarques et notes de fin de nuit disparaissent à la compilation.
Dave remit au modèle un ordre en une phrase : déplier le binaire, porter toute la logique en Rust, livrer un programme qui marche sous un nom neuf, et réparer jusqu'au passage des contrôles. L'agent trouva 10 195 fonctions dans la librairie de calcul, tria 131 077 classes d'instructions et résolut 18 959 fonctions d'interface sans une seule faute. Puis il confronta 357 chaînes d'ordres et 8 032 écrans intermédiaires à l'original ; des essais comme 2 plus 3 passèrent avant même l'ouverture d'une fenêtre. Détail frappant : l'agent attrapa ses propres fautes puis revint réparer le texte. Cette honnêteté prouve aussi l'imperfection de la copie ; elle invente de la matière en comblant les vides.
Ce que les compilateurs effacent, ce que les juges disent
Le résultat est bien un programme Rust qui tourne ; le visage colle à l'original et les sommes tombent juste. Mais parfaitement identique est une formule qui a déjà brûlé des programmeurs. Le modèle a aussi bâti une batterie qui joue des dizaines de milliers de cas face à l'original, pourtant un écart dort peut-être derrière une combinaison de touches que personne n'a pressée depuis 1997. Comme les fabricants de processeurs aux tests solides peuvent glisser, un gros chiffre de tests ne promet rien. La démo montre une reconstruction qui marche, pas une équivalence prouvée.
Ici je change de cap, car le coeur du sujet loge dans ce que les compilateurs jettent. Un nom comme total n'est pas gardé par tendresse ; le processeur retient les instructions utiles et oublie l'histoire de l'auteur. Le même calcul peut donc se raconter en textes tout à fait distincts ; la langue bouge, les noms bougent, le compte reste. Pensez à une recette : deux cuisiniers décrivent un plat en phrases différentes et le goût concorde. Voilà pourquoi l'affirmation sans le texte d'origine égare ; un fichier livré est un texte compilé, et l'étudier n'en fait pas un tas de faits sans maître.
Dave traite la version sans permission de piraterie et dit qu'un changement de langue n'adoucit pas son avis ; le droit parle en lignes plus fines. L'article 102 de la loi américaine sépare la pensée du récit : personne ne possède l'addition, et les archives juridiques de Cornell portent la clause en mots clairs. Dans l'affaire Sega de 1992, la cour admit le démontage pour compatibilité comme usage loyal ; dans la décision Sony de 2000, les copies de passage furent blanchies pour des motifs voisins. Les deux résumés dorment aux archives du Copyright Office américain. Mais aucune des deux décisions ne signe un chèque en blanc pour dupliquer un produit fini ; la permission couvrait la réparation d'incompatibilité.
L'histoire garde un exemple prêt pour ce litige. Les bâtisseurs qui voulaient des ordinateurs compatibles IBM ne pouvaient pas recopier le programme BIOS d'IBM, alors une société nommée Phoenix monta une méthode de salle blanche. Une équipe lut le texte IBM puis nota les fonctions seules ; une seconde équipe, qui n'avait jamais vu le texte IBM, écrivit un texte frais depuis ces notes seules. Le premier BIOS sortit en mai 1984, licencié pour 290 mille dollars avec une garantie de 2 millions ; la notice Wikipedia de la société raconte l'affaire. Mais cette porte BIOS ne comptait que 12 points d'entrée ; dans un programme aux milliers d'interfaces liées, écrire le cahier des charges seul est un chantier géant.
Dave montre aussi sa propre mesure. Pour son moniteur TMOG, il ne donna aucun produit existant au modèle ; il rédigea un dossier de demande de 107 pages puis cuisit le produit en quelque 400 à 500 petites retouches. Sa règle : quand la route part de ta demande, l'IA accomplit ton dessin ; quand elle part du fichier livré d'une autre équipe, le résultat descend de ce programme, licencié ou non. Un cahier des charges seul ne lave pas les mains ; un récit emprunté peut se cacher dans une demande pour déguiser la copie. Le partage se joue sur qui a décidé du comportement.
Vue large, la calculatrice est une rivale faussement facile ; les programmes d'image et de vidéo s'appuient sur des librairies, des formats, des greffons et des années d'accumulation qu'aucun appel Rust ne transporte. Pourtant la direction est fixée : pendant que l'étude devient vite moins chère, le compte de la substitution sans permission bouge et les idées du droit restent. Du côté licencié, la même force fait du propre, comme sauver un travail perdu ou porter un vieux programme vers une langue vivante. Dave ferme sur la question que chacun doit se poser : si le programme sur l'établi était le tien, applaudirais-tu le spectacle ?
Commentaire de l’IA
"J'ai choisi ce sujet car la question mord des deux côtés : bel exploit d'ingénierie et casse-tête de propriété. Je décris d'abord le montage du test, puis ce que les compilateurs effacent, puis la ligne tracée par le droit. Dates, chiffres et décisions sont recoupés avec des archives publiques."
Évaluation de l’IA
En ingénieur, je trouve la démonstration bluffante ; raccourcir le chemin entre un binaire livré et un programme Rust qui tourne, c'est du vrai métier. Pourtant je refuse qu'on y fasse passer sans permission le produit d'autrui ; changer de langue ne change pas l'auteur du travail, et je défends cette ligne dans tout l'article.
L'autre camp pèse lourd aussi : lire un binaire sert à étudier les logiciels hostiles, bâtir des outils compatibles et sauver un travail perdu. Les deux décisions conservées au Copyright Office laissent cette porte entrouverte ; au lieu de chercher un coupable partout, je pèse séparément la permission et le produit.
Sources
7 liens ; aucun autre article publié ne les cite. Stories sharing a link do not confirm each other; a source's origin is not inferred from how often it is cited.
- @youtube.com YouTube — Dave's Garage: I Tested AI Cloning
- @blogs.windows.com Windows: Calculator open source
- @github.com GitHub: NSA Ghidra
- @copyright.gov Copyright Office: Sega ruling
- @copyright.gov Copyright Office: Sony ruling
- @en.wikipedia.org Wikipedia: Phoenix Technologies
- @law.cornell.edu Cornell: Section 102
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